Il y a eu un moment où je savais encore ce que c’était que d’être désirée. Pas admirée de loin, pas complimentée poliment. Désirée. Avec cette urgence dans le regard, cette façon de poser une main comme si on allait perdre quelque chose d’essentiel.
Ça fait longtemps maintenant. Mon mari me regarde à peine. Il rentre, il mange, il s’endort devant la télé. Je pourrais traverser le salon nue qu’il lèverait peut-être les yeux deux secondes avant de retourner à son émission. Je ne lui en veux même plus. C’est juste que ça creuse un vide.
Je ne suis pas là pour trier les annonces de rencontres sérieuses ou chercher l’amour de ma vie. Je ne sais même pas ce que je cherche exactement. Juste retrouver cette sensation. Celle d’exister vraiment dans le regard de quelqu’un. D’être touchée comme si mon corps comptait encore.
Je suis grande, ronde, pulpeuse si on veut être gentil. 45 ans, Boulogne-Billancourt. Je ne ressemble pas aux photos retouchées des applications. Mais j’ai encore envie. Terriblement envie. Et c’est peut-être ce qui manque le plus à la maison. Cette envie-là.
Si tu comprends ce vide, écris-moi.