Les corrections de copies peuvent attendre.
Les préparations de cours aussi.
Ma peau, non.
Je passe mes journées à expliquer Baudelaire à des adolescents qui me regardent comme si j’étais invisible. Pourtant le soir, seule chez moi à Pointe-à-Pitre, je sais exactement ce que je veux. Et ça n’a rien d’invisible.
Je cherche un homme qui comprend qu’une femme de quarante-neuf ans n’a plus besoin de préliminaires conversationnels interminables. Juste de mains qui savent où se poser. De regards qui tiennent leurs promesses. De silences chargés.
J’ai découvert les annonces de rencontres gratuites par hasard, entre deux corrections. J’ai failli refermer. Puis j’ai relu ce que je venais de souligner dans un poème : « la chair est triste, hélas ». Non. La chair est vivante. Exigeante. Impatiente.
Si tu habites le secteur, si tu sais écouter ce qu’un corps dit sans mots, si tu n’as pas peur d’une prof qui enlève ses lunettes et devient quelqu’un d’autre, écris-moi.
Je ne promets rien de durable.
Je promets juste que tu n’oublieras pas.