Il fut un temps où j’aimais mon corps. Pas parce qu’il était parfait, mais parce qu’un homme me regardait comme si je l’étais. C’était il y a sept ans. Depuis, les kilos se sont installés, mon ex est parti avec une collègue de son cabinet comptable, et moi je suis restée là, dans mon trois pièces de Créteil, à bouffer des émotions que je n’arrive plus à nommer.
Je ne vais pas te mentir. Je suis grosse. Quatre-vingt-seize kilos pour un mètre soixante-trois. Des seins lourds, des hanches larges, un ventre qui se voit sous les pulls. Mais ce qui me pèse le plus, c’est pas ça. C’est le silence. L’absence de désir. Le fait que plus personne ne me touche comme si j’étais vivante.
Je suis venue sur ce site pour des rencontres parce que je ne sais plus où chercher. Les bars, c’est plus de mon âge. Les applis, c’est trop rapide, trop froid. Je veux juste un homme qui accepte ce corps imparfait, qui comprenne qu’une femme de quarante-trois ans peut encore avoir envie de brûler. Pas besoin d’amour. Juste besoin qu’on me rappelle que je peux encore être désirée.
Si tu habites pas loin, si t’as pas peur des rondeurs, si t’es capable de voir au-delà de ce que la balance affiche, alors écris-moi. J’ai plus rien à perdre de toute façon.