Il y avait ce geste qu’il avait. Poser sa main sur mes reins quand on traversait la rue. Juste ça. Un truc minuscule qui disait « je suis là ». Ça fait presque deux ans maintenant et c’est con mais c’est ce qui me manque le plus. Pas les grandes déclarations. Juste ce putain de geste.
Je suis plantureuse, oui. Grosse poitrine, hanches larges, le genre de corps qu’on remarque. Avant j’aimais ça. Maintenant je ne sais plus trop. Je me sens parfois comme un meuble qu’on regarde sans voir.
Je voudrais une rencontre via annonce qui ressemble à quelque chose de vrai. Pas juste un corps contre un autre corps. Quelque chose où on se regarde dans les yeux après. Où tu restes un peu. Où on fume une clope à la fenêtre en parlant de nos vies ratées sans chercher à impressionner personne.
Colmar c’est petit. On se croisera peut-être au marché de Noël dans quelques mois en faisant semblant de ne pas se reconnaître. Ou alors on deviendra un truc régulier, un jeudi soir sur deux, avec du vin blanc et tes mains sur ma peau.
Je cherche pas l’amour. Je cherche juste à me sentir vivante à nouveau. À retrouver ce frisson qu’on perd quand on s’habitue à être seule.